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achid Eljay, anciennement connu sous l’alias Rachid Abou Houdeyfa, né en 1980 à Brest, est un imam et vidéaste français. Il est controversé au sujet de ses prêches initialement salafistes. Par la suite, il prône un discours modéré. En juin 2019, il est victime d’une tentative d’assassinat.
Il naît en 1980 à Brest dans une famille d’origine marocaine. C’est une figure du quartier dit Pontanézen, où il grandit. Imam autodidacte, il aurait été formé par son père, Houdeyfa, imam autoproclamé.
De 2003 à 2004, il est épicier.
En 2004, il devient imam de la mosquée Sunna — l’une des cinq de Brest —, après l’expulsion de son prédécesseur, l’Algérien Abdelkader Yahia Cherif, pour « menace à la sûreté de l’État », après avoir appelé au djihad.
Alors connu sous l’alias Abou Houdeyfa, qui est alors un hommage à son père mais aussi le nom d’un compagnon de Mahomet, Eljay suscite lui-même la controverse, pour sa proximité avec l’imam salafiste de Villetaneuse, Mehdi Kabir, mais aussi avec des mouvances rigoristes du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord

. Sa proximité avec le salafisme lui vaut une perquisition de sa mosquée et de son domicile, ainsi que de ses activités commerciales qui regroupent une boutique d’objets religieux, de ses conférences, et d’agence de voyage organisant des pèlerinages à la Mecque.

En 2015, ses vidéos suscitent des polémiques notamment, dans l’une d’entre elles, il déclare à des enfants qu’écouter de la musique serait écouter « le diable » et ceux qui en écoutent « seront transformés en singes et en porcs ».
Dans une autre vidéo, il déclare que le hijab est « l’honneur d’une femme. Et si elle sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que des hommes abusent de cette femme là »
Ses propos suscitent alors des réactions et le Conseil français du culte musulman les condamne. L’intéressé affirme que ceux-ci « n’étaient pas à prendre au premier degré », et que « tout le monde fait des erreurs dans la vie ». Il décide alors de supprimer certaines de ses vidéos polémiques
Le 14 avril 2016, dans Dialogues citoyens, le président de la République François Hollande, le qualifie de « prédicateur de haine » et déclara à tort que sa mosquée avait été fermée3. Bien que celle-ci ait été perquisitionnée après les attentats du 13 novembre, il n’y a pas eu d’arrestations

C’est le même type hein !

Le 20 janvier 2020, la DGSI décide d’interpeller dans le quartier de la mosquée Sunna sept personnes radicalisées susceptibles de préparer des actes violents. Selon un expert, Rachid Eljay aurait contribué à la radicalisation de certains jeunes du quartier. Il les aurai ensuite écartés, et ils se sont marginalisés. Eljay a répondu n’être en aucun cas en lien avec les personnes interpellées, et dénonce l’utilisation de sa personne pour parler de faits divers sans rapport avec lui.
À partir de fin 2015, il cesse de faire référence au salafisme au profit du malékisme, une des quatre écoles du sunnisme, et cesse d’utiliser son surnom. Taillant sa barbe, il cesse de s’habiller à la manière des pays du Golfe (en ghutra, keffieh et qamis10), et s’habille parfois à l’occidentale, par exemple en chemise.
Il se réclame alors de l’islam du « juste milieu » et dénonce les « discours extrémistes ».
Selon le chercheur Romain Caillet, « il y a 10 ans, cet imam était sur une ligne salafiste non jihadiste, mais pro-saoudienne, et il s’est rangé progressivement sur une ligne traditionnelle marocaine »1
Par ailleurs, avant son ralliement à la ligne traditionnelle, il était « salafiste quiétiste, même s’il est beaucoup moins sectaire qu’eux ».

Selon le sociologue Raphaël Liogier, « pas un seul jihadiste aujourd’hui n’est passé par le salafisme et le néofondamentalisme comme le prône Abou Houdeyfa. Ceux qui se revendiquent du salafisme quiétiste rejettent le jihad parce qu’ils trouvent ça trop moderne.

Il est mondialement connu, et craint par Daech qui cherche absolument à le discréditer ». Il ajoute cependant que les deux mouvances « ont les mêmes cibles sur les réseaux sociaux, sauf que le fondamentalisme que Abou Houdeyfa prône n’est pas politisé, il est dans une logique individualiste et intime, ce qui est très recherché par les jeunes »

En novembre 2015, il condamne les attentats du 13 novembre 2015 en France, affirmant que ceux-ci n’avaient « rien à voir avec l’islam »1. En août 2016, l’État islamique appelle ses partisans à l’assassiner, le qualifiant d’« imam-serpillère »1. Les autorités françaises, qui reconnaissent qu’Eljay a évolué, ont été aidées par leurs homologues marocaines, pour l’éloigner des milieux extrémistes. Mohamed Zaïdouni, secrétaire général du Rassemblement des musulmans de France (RMF) et président du conseil régional du culte musulman en Bretagne, a joué un rôle important dans ce changement2. Ce dernier affirme qu’Eljay « a fait un travail considérable sur lui ». Cependant, pour Abdallah Zekri, délégué général du CFCM, « il ne tient plus les mêmes discours qu’avant, mais il faut rester vigilant face à ces personnes. Chassez le naturel, il peut revenir au galop »
. En 2019, il déclare à son égard que « Rachid Eljay a déjà été menacé par Daech car il a des discours en phase avec les valeurs de la République. S’il était pour le fondamentalisme, Daech l’aurait félicité ». Les menaces de Daech le poussent à quitter à plusieurs reprises son domicile pour raisons de sécurité17. Il s’était par le passé disputé avec les pro-EI par vidéos interposées11.
Fin 2018, il adhère à l’association Les Musulmans de Marwan Muhammad


Le 27 juin 2019, il est victime d’une tentative d’assassinat2 par balles, mais son pronostic vital n’est pas engagé1. Le tireur, retrouvé mort, lui a d’abord tiré dessus puis sur Osman, ami d’Eljay (qui s’était interposé pour protéger l’imam) après avoir demandé l’autorisation à l’imam de prendre une photo avec lui. Le CFCM condamne la « lâcheté » et la « barbarie » de l’« attentat islamophobe », appelant les fidèles à observer une minute de silence le lendemain. Pour sa part, Zekri condamne « avec force et détermination le lâche attentat perpétré contre l’imam de la mosquée de Brest Rachid El Jay ».
Le Conseil des mosquées du Rhône dénonce « l’absence de réaction de la classe politique et le silence méprisant des médias », et se dit « préoccupé face à la recrudescence des actes anti-musulmans qui démontre qu’un seuil critique a été franchi ». Selon le procureur de la République de Brest, il n’y a pas à l’heure actuelle d’éléments suggérant qu’il s’agit d’un attentat terroriste.
Pour Romain Caillet, Eljay est « aussi bien la cible de gens pro-jihad que de groupes d’ultra-droite ». Il ajoute que « visiblement, c’est un déséquilibré qui a fait ça, alors pourquoi l’a-t-il visé ? Car il est associé à cette image du salafisme en France. Je ne sais pas ce qu’il doit faire ou dire pour changer ça ».

Karl Foyer (1997-2019), l’auteur des faits, résident à Lyon mais venu travailler dans un bungalow à Brest, a finalement été retrouvé mort par balles dans sa voiture. Il avait tenté en vain de rencontrer l’imam en prétextant une conversion, et affirme dans une lettre avoir été forcé à égorger l’imam sous peine de voir sa propre famille se faire tuer

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